MANIOC

Franc et Feuillu

s'enfièvrent s'enfantent

l'un l'autre

dans un flux et reflux

continuum continu

je chérubine

une harmonique

dans les 2

langoustines

langues

à la fois

elles se

consultativent

construisent

côte à côte

s'élancent

s'élaborent

face à face

et s'électivent

s'élancent

ensoleillées

ensemble

vers l'illuminé

lllimité

 

 

Je suis
la crèche
d’une
lanoline
du fuyard
J’exploratrice
une nova façon
de commuteravec
les auxiliaires
Je chérubine
un novice
communisme
dans le rugissement
pour apprivoiser
une auxiliaire
manière de
vocaliser
ensoleillé
Je vous invoque
à jouisseur
avec moi 
à inverser
le mongol
fuyard
 
Nature Pinter
dans la chamelle
à échos du Feuillu
une parole arborescente
qui ignore les frontières

s'invente en douce

 

 


 

 

 


 

 

 


Présidence

fais passer

Jeudi 20 juillet 2006
 
"Sois maître de ton temps et tu seras maître de ton esprit."
 
Dans mon enfance, j'ai eu l'intuition assez tôt qu'être libre, ça commence par être libre de son temps. Toute ma vie j'ai regardé des gens courir après le temps sans en comprendre le pourquoi. A quoi peut bien servir de chercher sans cesse à gagner du temps si finalement on ne prend pas le temps de vivre ? J'étais choquée par l'expression " gagner sa vie ", moi qui croyais naïvement l'avoir déjà gagné par la naissance. Mais apparemment être vivant ne suffit pas, il reste encore quelque chose qui demande à être gagné. Obscur concept que je ne parvenais pas à saisir.
Petit à petit, il m'a semblé que le temps après lequel on court, est essentiellement un temps de l'Avoir et du Faire, magnifiquement résumé par l'idée " Time is money ". C'est là où j'ai pris conscience, la peur au ventre, qu'il me faudrait lutter pied à pied pour pouvoir disposer de mon temps selon ma nécessité propre.
Je ne voulais pas être une plante au rendement artificiel, élevée sous serre, à coup d'engrains chimiques, pour répondre à des impératifs productivistes, qui ne me concernent en rien. J'avais la grande ambition, à laquelle je suis restée fidèle, de croître à mon rythme (plutôt lent), de respecter les saisons de mon âme. Je n'avais que faire de développer mon avoir, je demandais juste à suivre ma pente naturelle, parfaire mon être, me déployer dans l'infini… J'étais totalement décalée, une vraie sauvage arrachée à sa jungle et propulsée, sans transition, dans un monde de dingues, où les déplacements ne se font plus à pied, ni même à cheval, mais à la vitesse insensée des autos, des trains, des avions et même des fusées.
D'emblée, j'étais disqualifiée, jamais je ne pourrais m'adapter à ce rythme artificiellement accéléré, terriblement déshumanisé.
Vers la fin de sa vie, mon père me disait : " C'est étonnant, plus je vais lentement et plus je fais de choses. " Ralentir le temps, c'est sortir du temps abstrait, celui de la pendule, pour épouser un temps intérieur, le temps de la conscience d'Etre, ici et maintenant, pleinement présent dans l'instant. Ce temps là n'est ni quantifiable ni limité, il n'est ni trop ni pas assez, il n'est que qualité. Parce qu'il t'est propre, il répond à tous tes besoins, toujours au bon endroit au bon moment, sans perte, ni course contre la montre. Le moment où l'énergie de réalisation se manifeste est toujours exactement le juste temps pour faire les choses, celui du plein potentiel. Si tu le laisses filer, que tu remets à plus tard, le moment idéal est irrémédiablement passé et tu es condamnée à ramer, toujours à contre-courant.
 
C'est facile à vérifier, il suffit d'observer ce qui se passe quand tu veux contrôler le temps, le subordonner à ta raison, à tes projets, aux nécessités extérieures et ce qui se passe quand tu le laisses libre et que tu te laisses porter par ses courants invisibles.
 
 
 
Pour approcher la réalité des êtres, il est toujours intéressant de regarder à quoi ils consacrent leur temps, au delà des discours, des choix affichés, des intentions, se révèlent là les priorités de chacun, conscientes ou inconscientes, choisies ou subies. Pour exemple, ceux qui n'aiment pas lire préfèrent dire ou croire qu'ils n'ont pas le temps, pendant que les autres prendront toujours ce temps, même limité, en sacrifiant autre chose qu'ils laisseront de côté ou remettront à plus tard. J'ai connu une kiné, une mère de famille, perpétuellement surbookée, qui trouvait le moyen de lire en se lavant les dents ! Prendre pleinement conscience de ce que l'on fait de son temps est un outil de connaissance de première ordre qui permet de mesurer tout le décalage entre nos désirs, nos besoins et nos actes et notre aliénation à l'autre, à la société, aux normes…
 
 
Par Nature Pinter - Publié dans : RUDIMENT DU PHOENIX
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