chroniques d’un autre temps
Le 8 - axial - 4 - 006
La fin du monde a-t-elle eu lieu ?
1e partie
~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Notre grand reporter N. Piscator revient
sur la grande énigme de notre temps.
La fin du monde a-t-elle eu lieu ?
Que s’est-il réellement passé ?
~~~~~~~~~~~~~~
NP, obsédée de longue date, par une mystérieuse Opération Dazibao, boucle la boucle de ce long et patient travail d’investigation, par la
rencontre du très respecté Docteur es Science Transdimensionnelle, Nobel Feuillu du Nouveau Monde, Nathanaël Phœnix. Elle nous livrera les détails et la conclusion de ses
recherches*.
Le Nobel Phoenix témoigne ici de sa propre expérience de l’événement.
Il nous révèlera dans une prochaine communication, sa découverte d’une loi de l’univers jusque là inconnue: la courbure de la pensée transforme
radicalement la réalité concrète.
Le récit du Docteur Phœnix :
Cette nuit là, j’avais travaillé très tard dans mon laboratoire, à reconsidérer encore une fois, l’ensemble de mes travaux pour les exposer le plus
clairement possible au Professeur Pipistrelle. Je rassemblais mes observations les plus significatives dans un épais dossier et commençais à réfléchir au phénomène étrange, rapporté par le
Professeur: de la diffusion de pensée courbe, en pays cévenol. Visiblement, quelqu’un là-bas avait trouvé un moyen de diffuser la Courbure dans l’atmosphère afin qu’elle se répande
naturellement et entre en résonance avec tout ce qu’elle toucherait. C’était absolument génial et je brûlais de voir ça de plus près.
Cette nuit là donc, insensiblement la nervosité m’envahit, la lune était pleine et baignait mon labo d’une clarté étrangement vive, au point que
j’eus l’impression qu’il faisait grand jour. Un rapide coup d’œil à la pendule, presque 5 heures, le soleil ne se lèverait que dans 2 heures. J’étais de plus en plus désorienté, vaguement
nauséeux, j’avais la sensation que les contours de mon corps s’estompaient peu à peu. Depuis quelques temps déjà, j’étais sujet à de vagues malaises, pertes de repères dans le temps ou l’espace,
accompagnés de manifestations physiques, tels que palpitations, bouffée de chaleur, douleurs intenses dans la nuque ou derrière les yeux. Plongé corps et âme dans ma recherche, je ne m’en étais
guère soucié, un peu de surmenage sans doute, je me reposerais dès que j’aurais trouvé la preuve ultime confirmant mes hypothèses. J’avais l’intuition ou l’intime conviction que j’étais tout prêt
de la vérité.
Je me mis à interroger la nuit, je projetais mon esprit au dehors. Les limites habituelles de mon champ de perception venaient d’exploser, ma
conscience s’élançait instantanément là où se dirigeait ma pensée. Pensais-je à quelqu’un, il apparaissait devant moi. Pensais-je aux étoiles, je voyageais en apesanteur dans le cosmos.
Pensais-je au grand cyprès gardien de mon domaine, je sentais sa sève couler dans mes veines.
J’eus une pensée pour mon père, décédé depuis trois ans, dont je poursuivais les travaux. Je le vis, confortablement installé, comme à son habitude,
dans le vieux fauteuil club où il aimait prendre un digestif après le dîner. Il me disait que le temps des retrouvailles était venu.
Rien de tout cela ne me surprenait, j’étais à présent parfaitement détendu, je me sentais infiniment vivant, l’esprit et les sens en éveil, je me
dilatais, dilatais, toutes les limites de temps ou d’espace abolies
J’aperçus l’horloge, encore quelques secondes et il serait cinq heures. Tout ce que je venais de vivre s’était déployé le temps d’un souffle, je
restais fasciné par l’horloge, le regard captif de l’aiguille, tournant inexorablement autour de son axe. Un cercle parfait, à l’intérieur duquel tout est contenu, à chaque mouvement de la
trotteuse, je chevauchais un nouveau rayon de la création, je tournais, tournais, tournais…
Quand je repris conscience, je me sentis à nouveau désorienté, nauséeux, j’avais dû m’assoupir sans m’en apercevoir. Je fermais les yeux, le temps de
reprendre mes esprits, tout en douceur. Puis je m’éveillais tout à fait, à l’aube, au pied d’une cascade, la lumière du soleil étonnamment chaude, vivante, m’enveloppait, nourrissante. L’eau si
limpide m’appelait. Sans savoir comment, j’étais nu, faisant la planche. L’eau libérait toutes les tensions, les malaises, les fatigues. J’étais si léger, si vivant, si paisible,
transparent.
Mon cœur débordait d’une joie que je ne pouvais contenir. Je m’entendais répéter inlassablement, " je suis enfin rentré à la maison " et
des torrents de larmes jaillissaient de mes yeux. J’étais bouleversé de gratitude, " je suis né à nouveau " et cette révélation explosa dans tout mon être, " je suis devenu une
étoile rayonnante " et je sus que tout était parfait. J’avais rejoint les rivages de mon paradis, la sublime terre de mes rêves d’enfant, une nature vierge de toute dégradation, toute
souillure, tout mal.
Je ne manquerai plus jamais de rien, tout est là, à jamais...
A suivre, dans la 2e partie :
La courbure de la pensée est à l’origine de la transformation radicale du monde.
Les explications lumineuses du Docteur et Nobel Feuillu, Nathanaël Phoenix et du Professeur Nature Pipistrelle lèveront définitivement le voile sur l’énigme de la fin du
monde.
* Nous publierons prochainement les archives secrètes de NP sur l’extraordinaire Opération Dazibao
dis-moi tout