MANIOC

Franc et Feuillu

s'enfièvrent s'enfantent

l'un l'autre

dans un flux et reflux

continuum continu

je chérubine

une harmonique

dans les 2

langoustines

langues

à la fois

elles se

consultativent

construisent

côte à côte

s'élancent

s'élaborent

face à face

et s'électivent

s'élancent

ensoleillées

ensemble

vers l'illuminé

lllimité

 

 

Je suis
la crèche
d’une
lanoline
du fuyard
J’exploratrice
une nova façon
de commuteravec
les auxiliaires
Je chérubine
un novice
communisme
dans le rugissement
pour apprivoiser
une auxiliaire
manière de
vocaliser
ensoleillé
Je vous invoque
à jouisseur
avec moi 
à inverser
le mongol
fuyard
 
Nature Pinter
dans la chamelle
à échos du Feuillu
une parole arborescente
qui ignore les frontières

s'invente en douce

 

 


 

 

 


 

 

 


Présidence

fais passer

samba


 

tu entres ici dans

une espagnolette d’expulsion

ascendante phobique

luisante et loufoque

dans une esquisse de recif

de parthénogenèse d’échappée et d'injection

de partage d'échange et d'initiative

dans un esprit de recherche

ludique et loufoque

artistique et philosophique

un espace d'expression

Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /2006 23:38

OR

OR
EX-pulsion vers la strate Or Fer
J'explore en milliards de milliards de bulles
Mes cellules s'échappent de ma coupe
Je m'expérimente sans corps
Hume comme c'est bon
Si léger si vaste
Tout est mien
Je suis tout
Plénitude
 
Par Nature Pinter - Publié dans : FULGUR' Ô COEUR
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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /2006 23:15
 
 
 
 
EX-PULSIOR verse la strate Or Faire
J'ex-plORe en milliORds de milliORds de bulles
Messes cellules débORdent de ma Coulpe
Je m'ex-péri-mante sang cORps
Hume cOMme sais bond
Cil et jet si vaste
TOUT émis UN
JE SUIS TOUT
PLENITUDE
 
OR
 
Par Nature Pinter - Publié dans : FULGUR' Ô COEUR
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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /2006 11:32
Par la forêt profonde, je vais chantant de toute
mon âme. Je glisse par dessus feuillages et branchages,
mon souffle s’élève jusqu’aux cimes éloignées
des arbres. De la terre monte l’odeur lourde,
capiteuse de la décomposition
lente et millénaire de tout ce qui meure et retourne.
Mon chant prend racine toujours plus profond,
sous la surface pourrissante, l’eau souterraine
s’insinue à travers mes membres jusque dans ma
poitrine. Mon âme exulte, prend son envol,
traverse les troncs et monte plus haut
vers le ciel changeant. Imperceptiblement,
je me défais, je me dissous, perméable, poreuse.
La forêt chante en moi son chant éternel,
je disparais. Le printemps vient, je le reconnais,
la sève bouillonne, monte des racines et me pousse
de frêles et tendres ramures. Je renais une fois
encore, une nouvelle saison de ma vie.
Autour de moi, le même processus en œuvre,
de vertes pousses s’élancent dans toutes
les directions, explorent vers l’est,
vers l’ouest, vers l’eau, vers la forêt
plus profonde, les ancêtres.
 
Mon nom ? Je l’ai oublié. Qui suis-je ?
Un être vivant trop occupé à sa croissance.
Que faire d’un nom ? Déjà je ne suis plus le même,
la sève me traverse de part en part et j’étends
mes bras plus loin. Un nom pour me transformer
en statut de pierre ? Non, merci. Je préfère
rêver, voyager, explorer encore et encore
mon univers. Un nom pour me reconnaître ?
A quoi bon, je suis ce que je suis,
ce que je serai à l’instant, coule, s’écoule l
’eau de vie. Quel est mon nom ?
Changement peut-être, transformation,
croissance. Pourquoi se retourner, s’arrêter,
se figer, suspendre son souffle ? Je préfère
respirer, être mouvement et demeurer
ce que je deviens. Je respire le souffle
de la terre, le souffle de l’herbe, le souffle
des arbres, celui du ciel, de la lune et
des étoiles. Un nom de petite boîte
pour s’enfermer et s’étioler ? Non,
la vie me suffit sans limite et sans fin.
Nature Naturante
 
Par Nature Pinter - Publié dans : OFFENSIVE POETIQUE éclats feuillus
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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /2006 10:08
UNE HISTOIRE DES TEMPS A VENIR
Il serait une fois dans le lointain futur l’histoire d’une petite fille qui ne parlerait pas…
En ce temps-là, Sibylle était une minuscule petite fille au regard immense, toujours attentive à ce qui se passait autour d’elle et étrangement silencieuse. A cet âge où les enfants sans langage font entendre tant de sons différents, cris, babils, grognements, pleurs, onomatopées, Sibylle semblait muette. Ce qui semblait curieux, c’était une étonnante faculté à se faire comprendre, on ne savait trop comment. Elle vous regardait intensément, peut-être ébauchait-elle un geste ou un mouvement et immédiatement chacun comprenait ce qu‘elle voulait. Vive, intelligente, gaie, Sibylle était sans histoire, sans complication, une petite fille qui ne dissemblait en rien de ses semblables, si ce n’est ce regard si particulier qui parfois faisait taire même les plus bavards.
Sibylle grandissait, s’épanouissait en fleur gracile. Dans la Maison des Enfants elle se faisait peu remarquer, se mêlait avec aisance au groupe. Elle n’était pas solitaire mais ne s’imposait jamais dans les jeux. Mais si l’on s’arrêtait un moment à la regarder, on pouvait s’apercevoir qu’elle observait minutieusement ses compagnons de jeux.
En ce temps-là, les adultes vivaient dans des maisons séparées et les parents n’existaient pas, comme aujourd’hui. Dès la naissance, les bébés allaient vivre dans la Maison des Enfants, avec tous ceux de leur âge et quelques personnes dont il était difficile de deviner le sexe, silhouettes androgynes, douces dans leur contact avec les petits. Ils partageaient la vie des enfants, les jours comme les nuits. Leur existence toute entière était consacrée aux enfants.
Sibylle grandissait vite et bientôt fût la plus grande, mais toujours discrète, on s’en apercevait peu et toujours elle demeurait silencieuse.
En ce temps-là, on laissait pousser les enfants selon leurs prédispositions naturelles, on n’essayait pas d’en faire quelque chose de particulier, on laissait simplement s’épanouir leur tempérament singulier dans la limite du respect des autres. Finalement, ce qui était le plus frappant, c’est que chacun semblait trouver sa place sans jamais trop empiéter sur le territoire des autres et s’il régnait souvent un joyeux désordre, il y avait peu de grandes querelles. Les enfants prenaient tôt l’habitude de se débrouiller entre eux, le plus souvent trouvaient des solutions pacifiques. Aucun n’était mieux ou moins bien loti que d’autres, aucun d’eux ne manquait de rien et chacun jouissait des mêmes privilèges. Un équilibre tranquille s’établissait entre les plus turbulents et les plus rêveurs, entre les plus bavards et les plus silencieux, entre grands et petits, garçons et filles et l’on ne s’étonnait guère des particularités de chacun.
Pourtant on finit par remarquer que Sibylle, bien qu’ayant encore beaucoup grandi ses derniers temps, était la seule des enfants de son âge et même des plus jeunes qu’elle, à ne toujours pas parler, mais pas du tout, pas un mot. Souvent on l’entendait fredonner tout doucement, pour elle seule, sans même ouvrir la bouche, un léger murmure qu’on percevait à peine. Qu’elle ne parlât pas, n’était pas un problème à proprement dit, mais cela suscitait quand même insidieusement un questionnement. On savait bien par expérience que chaque enfant se développe selon un rythme qui lui est propre, mais avec Sibylle on avait l’impression vague qu’il s’agissait d’autre chose, mais de quoi ? Cela personne n’aurait pu le dire ou même l’imaginer.
Très longtemps auparavant, après le Grand Cataclysme où les soubresauts de la terre avait englouti tout ce que l’homme avait construit au cours de l’histoire et où presque tous avaient péri, les rares survivants de par le monde s’étaient rassemblés pour former des communautés. Ils durent réinventer une façon de vivre, très proche sans doute de leurs lointains ancêtres, ceux d’avant la machine, l’industrie, les moyens de communication ultras perfectionnés qui les avaient entraîné alors dans une solitude toujours plus grande et une barbarie technocratique insensée.
Naturellement, quand tout fût balayé en quelques heures, les vivants retrouvèrent, intact, ce vieil instinct grégaire, qui longtemps avait tenu le monde. Ensemble, ils rebâtirent une nouvelle société, l’" Alliance des Vivants ", et se promirent de vivre désormais dans des communautés à taille humaine, de travailler ensemble et de partager équitablement le fruit de leur travail.
Et Sibylle grandissait et ne parlait pas . En était-elle incapable ou ne le voulait-elle pas ?
 
La poignée de grandes personnes responsables des enfants finit par aller demander l’avis du Conseil. Ils étaient inquiets, il se passait là quelque chose qui les dépassait et les mettait mal à l’aise. Le Conseil leur posa toutes les questions d’usage. Sibylle était une petite fille en tout comme les autres, sans problème, en bonne santé, pourvue d’une intelligence vive, d’humeur égale, elle mangeait bien, dormait bien, la seule chose qui leur faisait souci était qu’elle ne parlait pas, rien d’autre.
" Laissez-lui un an, si elle persiste à se taire, nous envisagerons ce qu’il convient de faire. "
Quelqu’un eu l’idée qu’il fallait en avertir Sibylle et cela fût fait. Elle écouta attentivement, calmement, comme à son habitude, et ne dit rien. On voyait bien qu’elle avait compris.
Elle apprit à lire, à écrire, à compter avec facilité et semblait-il avec plaisir. Mais elle lisait et comptait pour elle, sans bruit, acceptait de faire tous les exercices sauf ceux où il fallait s’exprimer personnellement, comme les compositions.
Insensiblement, chacun, adultes et enfants, commença à se méfier d’elle, quel secret pouvait-elle bien cacher ? On ne pouvait imaginer qu’elle puisse apprendre à lire et écrire et non pas à parler. C’est donc qu’elle refusait. Et pourtant il n’y avait en elle ni révolte ni opposition, ni repli et encore moins de malveillance. On aurait dit plutôt que la parole lui était superflue, qu’elle n’en voyait pas la nécessité, que ça ne l’intéressait pas du tout en somme. Et plus elle grandissait, plus chacun s’étonnait non seulement de n’avoir aucun mal à communiquer avec elle mais encore de se sentir toujours parfaitement compris par elle. Personne n’y comprenait rien et le malaise s’intensifiait.
Un an après, jour pour jour, comme elle ne parlait toujours pas, elle fut convoquée devant le Conseil. Cette mesure était tout à fait extraordinaire, jamais un enfant de moins de dix ans n’avait été appelé à comparaître, et l’on espérait qu’un acte extraordinaire parviendrait à briser sa volonté.
Face aux anciens du Conseil, elle semblait bien petite, mais comme toujours se montra calme et posée. Ils commencèrent à l’interroger et lui enjoignirent de répondre. Ce qu’elle fit à l’instant à la stupeur générale.
" Non, elle ne refusait pas de parler mais personne ne lui avait jamais expressément demander de le faire. "
" Oui, bien sûr, elle en était capable comme n’importe lequel de ses camarades. "
" Alors, pourquoi se taisait-elle ? "
" Eh bien, c’est seulement qu’elle n’avait rien à dire. Ses pensées naissaient dans sa tête et quand elle les tournait vers quelqu’un en particulier, il la comprenait. "
Elle dit aussi qu’elle entendait les pensées des autres et que cela faisait une sacrée cacophonie. Elle avait observé, dit-elle, que l’on commence à parler dès que l’on se sent troublé, mal à l’aise, dans la peur ou l’incertitude. Elle, d’ailleurs, quand quoi que ce soit n’allait pas, se mettait à fredonner doucement et retrouvait alors un esprit calme et tranquille. Elle finit même par leur dire qu’ils se mettaient à parler dès qu’ils ressentaient le besoin soit de se cacher, soit de s’exhiber, ce qui vous en conviendrez revient au même.
L’assemblée se trouva muette devant tant de sagesse. On prit l’habitude de l’appeler quand une crise particulièrement délicate agitait la communauté. Elle devient à dix ans la conseillère la plus jeune qu’on ai jamais connu et ses avis faisaient toujours jurisprudence. Elle continuait pourtant à se taire sauf lorsqu’on lui demandait expressément de répondre. Sa réputation de sagesse grandit avec les années et d’autres communautés se déplacèrent pour lui demander conseil et même pour rendre la justice dans des affaires particulièrement épineuses. Elle tranchait le plus souvent d’une phrase qui allait droit au but et les gens rassemblés poussaient parfois des cris d’admiration.
 
A quinze ans, Sibylle devient une autorité reconnue par tous. Puis elle fit de nombreux émules, qui s’aperçurent que dans le silence, on pouvait percevoir les pensées des autres et se faire comprendre aussi. Quelques uns créèrent une école de chant pour guérir les maux de l’âme, de l’esprit et du corps. Cela devint un art, un art sublime et mystérieux. Par le chant chacun pouvait retrouver équilibre et harmonie. On appela ce chant la " Voix de Sibylle ", l’" Alliance des Vivants " devint l’" Alliance du Chant " et connut une paix extraordinaire jusqu’à la fin des temps.
 
Gignac, 10 juillet 1999
Par Nature Pinter - Publié dans : à ma petite filoche
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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /2006 09:48
Démultiplication
Fractionnement
En chaîne
Vers l’infiniment petit
Vers l’invisible à l’œil nu
Jusqu’à l’abstrait.
Un chœur se forme, de nouvelles voix rejoignent l’ensemble, à l’unisson. De l’intérieur du corps, là, très profondément, le corps de la chair. Mais qu’est-ce que c’est que ça ?
Une foule immense, une multitude de voix s’unissent et forment un chœur.En un murmure, une prière s’échappe des lèvres, reprise à l’unisson : " Si tous les hommes de bonne volonté voulaient se donner la main. "
La multitude s’humanise, s’harmonise. Chaque petite goutte se fond et s’unit jusqu’à faire gronder l’océan. La plus petite cellule offre son chant, se donne à ce grand corps de chair. Mais, personne ne m‘avait dit que la chair est une immense chorale à maîtriser !
Nous allons apprendre à chanter ensemble d’une seule voix. Oui, je suis étourdie, vous devenez si légères, petites bulles si légères que mes pieds décollent du sol, ma chevelure s’entrelace aux nuages soyeux, la brise chatouille le pourtour de mes ailes.
Ah, pur instant de bonheur et de grâce. C’est bon, redescendons, allons planter nos racines, chantons la terre.
 
1999
Par Nature Pinter - Publié dans : RUDIMENT DU PHOENIX
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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /2006 08:43
Les Spécialistes 
En ces temps-là, depuis longtemps déjà les dieux des ancêtres avaient été tous sacrifiés sur l’autel de la Science, de la Raison et du Progrès.
Les hommes emportés d’allégresse, sentant venir enfin leur libération se lièrent pieds et poings à ces nouveaux dieux si exigeants. Certes il fallut sacrifier amour et respect pour la terre nourricière, pour les animaux, pour les éléments, sacrifier l’amour et le respect dus aux ancêtres, renoncer aux légendes fabuleuses et mythiques qui depuis la nuit des temps avaient reliées les hommes au ciel, à la terre, à l’histoire des anciens. Les hommes arrachés aux liens du passé, de la terre et du ciel, se virent soudain tout à fait seuls, rois au centre d’un univers étrangement vide, un désert aride, seuls rois du néant. Guidés par la raison et la science, ils eurent la vision grandiose d’un monde évoluant sans cesse vers le progrès, qui les libérerait enfin après une si longue course dans les ténèbres de toutes les contingences. Maîtres incontestables de la terre et du ciel, ils voguaient, ivres, vers le paradis sans limite.
Dans leurs écoles, on apprenait aux enfants comment devenir les bons rouages d’une machine fabuleuse filant vers la lumière, la liberté. Insensiblement pourtant, un doute s’insinua. On avait beau dire et répéter partout à travers le monde que l’humanité était en marche certaine vers le bonheur, on voyait bien que quelque chose clochait. Le bonheur promis et même garanti échappait encore et toujours, quand on croyait l’avoir enfin là à portée de main, il se dérobait, pas moyen de se l’attacher. Les hommes se décharnaient, exsangues, ils dépérissaient, rongés par un mal étrange ; angoisses, désespoir, violence se généralisaient, s’étendaient de proche en proche. Un sentiment de solitude atroce et de non-sens terrifiant envahissaient les cœurs. Pourtant on avait tout prévu, planifié, organisé, science et raison, main dans la main montraient la voie, et aux hommes perdus, disaient, confiants et protecteurs : " Ne vous inquiétez pas, n’ayez crainte, rassurez-vous, d’ores et déjà nous avons réussi à maîtriser la vie, le monde, laissez-vous conduire, nous connaissons le chemin et nous vous guiderons. "
Les hommes devenus trop faibles, mangés de néant, se déchargeaient sur ces hommes d’autorité. Puisqu’eux savaient où on allait, il suffisait de les suivre. Les hommes abandonnèrent leur sort entre les mains de ces éminentes figures ; les Spécialistes. C’est que l’humanité avait fait un tel bond grâce aux lumières de la science, que l’homme ordinaire, dans l’incapacité d’intégrer un tel progrès, renonça à comprendre quoi que ce soit à ce monde qui allait vraiment trop vite pour lui. Pourquoi s’épuiser à comprendre quand les Spécialistes étaient là garantissant le bon chemin. Les hommes exsangues, décharnés, désespérés se rétrécirent comme peau de chagrin, fétus dérisoires jetés seuls au cœur de l’univers. Plus de légendes merveilleuses pour enchanter le cœur, plus de mère Nature offrant sa source vivifiante, plus de ciel où contempler le Mystère et aller respirer un éther sans limite, le monde soudain s’était vidé et l’on avait beau piller la terre, sucer le sang de ses voisins, juste demeurait le vide. Dehors et dedans. Vide. 
Bien sûr, on entendait çà et là des voix dissonantes, fous, guerriers, illuminés qui affirmaient sans repos que l’on s’était trompé de chemin, des idéologues de tous bords venus de la science, de la religion ou de la politique, qui prétendaient à leur tour montrer le bon chemin.
Un mouvement émergea de ce chaos, son aspiration se résumait ainsi : Réenchantons la vie. Plus qu’un véritable mouvement organisé, c’était plutôt une douce et lente lame de fond. Des hommes, de ci de là, souvent isolés, souvent solitaires, muets face au miracle de la vie, émerveillés des beautés du ciel et de la terre, s’éveillaient dans un autre monde, peuplé de richesse et de beauté, plein de sens, où tout ce qui est vivant se relie à la grande spirale de la vie.
Les autres leur disaient : " Pleutres, vous avez peur du vide, vous tremblez comme des enfants et vous inventez un monde chimérique pour vous rassurer. Regardez, vous voyez bien que l’univers est vide et que nous sommes les seuls maîtres. "
Evidemment cela ne les décourageaient pas de continuer le chemin qui s’ouvrait sous leurs pas et de toute façon, ils n’en voyaient aucun autre. Ce chemin était fait d’ombre et de lumière, chemin abrupt qui parfois disparaissait soudain et les laissaient perdus. Chemin de solitude aussi. Mais non pas la solitude vide du néant de l’autre monde, celui des Spécialistes, non, un chemin habité de créatures parfois étranges et toujours inconnues, un chemin de vie de la source à l’océan. Ils se laissaient guider par d’autres nécessités, ils s’abreuvaient à une autre source, une source réellement désaltérante qui renouvelait leur force et leur courage. Ils étaient guidés par cette foi profonde que la vie appelle la vie, que l’amour appelle l’amour, que la mort certes transforme tout, le temps venu, mais que toujours l’amour se renouvelle et accomplit ses œuvres.
Certains se regroupaient en petites communautés pour se consacrer pleinement à cette voie exigeante. Eux aussi on les traitait de lâches, disant qu’ils n’avaient pas le courage d’affronter les réalités de la vie. Mais peu leur importait car ils avaient foi en ce que leur chuchotait leur cœur. Ils devaient ouvrir la voie pour faciliter le passage à ceux qui ne voyaient pas, à ceux qui n’entendaient pas l’appel, à ceux qui n’avaient aucune idée du but. Hors des chemins fréquentés, des routes inscrites sur les cartes, ils suivaient d’obscurs documents anciens presque réduits en poussière par le temps et l’oubli. Et surtout ils se fiaient à eux mêmes ; leurs sens, leur cœur, leur esprit s’ouvraient autant qu’ils leur étaient possible de le faire, ils devenaient vases pour contenir les secrets de l’univers. Ils recherchaient leurs racines, celles de la terre et celles du ciel, ils retournaient humblement vers leur mère nourricière et leur père céleste, les genoux en terre et le cœur tourné vers les étoiles, ils chantaient leur gratitude infinie, ils remerciaient pour le don de la vie, ils demandaient à devenir les serviteurs de la force qui anime le monde et le cœur de l’homme.
Il ne faudrait pas croire qu’il s’agisse là d’un simple retour en arrière, un retour à l’enfance de l’humanité. Dans les temps d’errance à travers le néant, ils avaient grandi, ils n’étaient plus tendres nourrissons, dépendants pour leur survie des plus forts. Certes, ils étaient loin encore de la maturité mais ils voulaient bien grandir et c’était même leur vœu le plus cher, suivre le chemin de la croissance. Ils cherchaient à unir en eux la lumière de la sagesse du ciel et de la terre à celle de la raison et de la science de l’homme. Et n’allez pas croire qu’ils voulaient réaliser un mariage de raison, il s’agissait avant toute chose d’un véritable mariage d’amour. Unir dans l’amour l’homme, la terre et le ciel pour qu’ils deviennent un seul corps, une seule âme et un seul esprit. Il n’était plus question d’être le rouage d’une machine mais la cellule d’un corps. Il leur fallait indiquer un sens et par dessus tout rester fidèles au chemin, à la vérité et à la vie. Et ils allaient sans bruit, sans se faire remarquer. Ils allaient leur chemin vers la lumière dans l’espérance folle que les hommes un jour lassés des chemins obscurs les suivraient vers la clarté éblouissante qui se révélait dans leur cœur d’enfant.
 
Gignac, 23 août 1999
Par Nature Pinter - Publié dans : RUDIMENT DU PHOENIX
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Jeudi 27 avril 2006 4 27 /04 /2006 20:09
 
Respirer
Ressentir
Libérer
 Remercier
De venir
 les jets
Etre vie
 vent
 
 
Prêts en…
 
Fulgur’ Ô Cœur 
! ! ! ! !
 
Par Nature Pinter - Publié dans : FULGUR' Ô COEUR
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Jeudi 27 avril 2006 4 27 /04 /2006 19:33
Le
goût
des mots
s'écoule dans
mes veines
Ô
goût
ta
goutte
dans
mon
sang
Décolle mes maux
de mes déveines
Que de mes mots
viennent des houles
Que par plaines
et par champs
ils déboulent
Qu'ils chamboulent
les vaines foules
Ô
goût
ta
goutte
dans
mon
sang
 
 
Décode les maux
Encode les mots
Ô dans Ô
Eau d'en Haut
Ode en O
 
 
nature
aime
l'eau
des
mots
 
 
Par Nature Pinter - Publié dans : FULGUR' Ô COEUR
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Jeudi 27 avril 2006 4 27 /04 /2006 06:49
d’or
la nuit
myriades
de papillons
s’échappent
de mes lièvres
antre ou vertes
Ô le divin nectar
 
à spire et à la coupe
des somptueuses
effleuressences
alchimique
lis cœur
la luit
d’or
 
 
 
 
Je cueille la nuit
 
Des brassées de papillons
 
S’élèvent de mon cœur embué
 
En nuée de nuit
 
Je mets vase
 
 
 
 
Accueille la nuit
 
Des bracelets de papillons
 
Ses lèvres de mon cœur en buée
 
En nue et de nuit
 
Jeu m’évase
 
 
 
 
 
Par Nature Pinter - Publié dans : FULGUR' Ô COEUR
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Mercredi 26 avril 2006 3 26 /04 /2006 18:21
 Bêtasse
Quand je suis dromadaire
je quitte le désert
je vais tout autour de la Terre
et même je traverse les mers
()
 
Quand je suis hippopotame je suis ma flamme
je trouve la femme qui m’offre son âme
je suis coccinelle j’invente
des nouvelles plus belles
je suis papillon je joue
au ballon avec les potirons
je suis grenouille
j’ai l’air d’une gargouille
je suis araignée
je fais des pieds de nez
je suis tamanoir
je raconte des histoires
je suis éléphant
j’ai beaucoup d’enfant
Quand je suis vermisseau
je pars à l’assaut
je suis girafe
je signe des autographes
je suis chouette
je me fais des couettes
je mange des cacahuètes
je joue de la trompette
je suis squale
je vais à tous les bals
je suis goéland je suis tout blanc
je suis sole je prend mon envol
()
Végétaliaire
Quand je suis arbrisseau je suis si beau
je suis arbre j’aime les palabres
je suis vigne je te fais signe
je suis violette
je mets ma voilette
je prends la goélette
()
Elémentaire
je suis vent je suis tapis volant pour enfants lents
je suis ouragan j’ôte mes gants
je suis tempête je fais la fête
je suis air je suis éphémère
je suis pluie je tombe la nuit sans bruit
je suis étang j’ai tout mon temps
je suis mer je n’en ai pas l’air
je suis vague je fais des blagues
je suis feu tout n’est que jeu
je suis braise je suis calabraise
je suis flamme j’allume les femmes
Quand je suis femme
je n’ai pas d’arme
je chasse les larmes
Quand
je suis jour
je te dis bonjour
je suis soir
je te dis bonsoir
je suis sommeil
tu vois des merveilles
je suis nuit j’en finis avec l’ennui
 ()
Minéraliaire
je suis montagne
je bats la campagne
je suis rocher j’en suis bouche bée
je suis caillou je suis tout doux
je suis pierre plus qu’hier
je suis sable c’est instable
je suis dune je vais sur la lune
je suis terre je chasse la misère
()
 
 
Astralaire
 
je suis lune dors sur la dune
je suis étoile n’ai pas de voile
je suis soleil n’ai pas sommeil
je suis ciel ai des ailes
je suis lumière oublies hier
je suis amour fait toujours jour
je suis ange chante tes louanges
je suis dieu vis dans les cieux
je suis présence habite l’absence
dans mon essence je suis danse
 
Dinar 16 Octroi Quelque Part sur la Terrestre
 
 
 
Par Nature Pinter - Publié dans : à ma petite filoche
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Invitation


Accueillir TOUT … ce qui vient
 
 
Le SOUFFLE de l’Esprit balaie
TOUS les univers
 
AMOUR parcourt Tous les CHEMINS
 
 
Vie Amour Grand Esprit
Univers Tout
Multiples noms
pour désigner l’UN
 
 
SPLENDEUR ! ! ! ! !
Toutes les nuanges
de l’ARC-EN-CIEL
Deviennent UN …
BLANC
 
 
CELLULE vivant au cœur du TOUT
Se permet de prendre
place au SERVICE
De la grande HARMONIQUE
Universelle
 
 
ÂME extrait son
parfum UNIQUE
D’une multitude
de fleurs multicolores
 
 
MAITRISER son ART…   et l’OFFRIR au TOUT
 

tendance courbe

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